Booba - Interview pour Brain Magazine




Interview de Booba pour Brain Magazine 
 
 
De l’autotune, des biceps, un parfum de Miami, le tout à la sauce boulognaise, Booba, c’est ça et un peu plus : une trajectoire singulière, voire solitaire, un style et des choix qui attirent enthousiasme et dédain, une discographie qui commence à en imposer sérieusement. Son cinquième album solo sort dans une semaine. C’est le onzième recueil de chansons si on compte les mixtapes et les albums de son groupe d’origine, le déjà mythique Lunatic.

L’interview ne revient pas sur tout, n’aborde peut-être même pas le principal. Rien de tel qu’un dialogue de sourds pour entendre des choses ? En filigrane, un guide de compréhension du rappeur et peut-être du rap : c’est de la boxe, il y a des règles, immuables, pas 30.000 façons de faire les choses, des coups à porter, beaux et bien faits, des déplacements à gérer, des victoires à remporter.


Est-ce qu'il y a un blues de la punchline ? Des moments de manque d’inspiration…
Booba : Bien sûr, il y a un blues de tout. 
 
Et ça t’énerve ? Comment ça se passe ?
Il faut attendre. C’est comme la page blanche de l’écrivain.

Est-ce que tu t’y prends comme un écrivain ?
Je ne sais pas comment s’y prend un écrivain. Je ne sais pas s’il faut aller s’asseoir dans un parc et méditer. Moi, ça me vient n’importe quand. (Lire l’essai sur Booba dans la Nouvelle Revue Française dans lequel il est comparé à Céline et Genet: ici).

Sous la douche ?

Sous la douche, dans l’ascenseur, en voiture. Ça vient souvent en voiture, parce que j’écoute beaucoup mes instrus dans la voiture.

Est-ce qu’il y a des phrases qui tournent en boucle dans ta tête, qui représentent pendant une période ce que tu ressens ?
Des phrases de moi ? Des punchlines, ouais.

Mais des phrases auxquelles tu penses souvent…
Des phrases qui sont tout le temps dans ma tête ?

Oui.
Oui. Rien en particulier, mais j’en ai dans mon téléphone.

C’est-à-dire, dans ton téléphone ?
Bah, je note mes punchlines dans mon téléphone.

Mais…
Je ne comprends pas ce que tu veux dire.

Au niveau de ce que tu vis, à un moment tu trouves une phrase très précise pour le décrire…
Une punchline.

Alors toi, punchline, ça veut dire que tu la notes et c’est bon, ça te fait une chanson, et…
Ah non, ça me fait juste une punchline. Une phrase, deux phrases, c’est tout. C’est une métaphore, quoi, une punchline, un truc fort.

Oui, oui (le moment où j’ai compris qu’il fallait arrêter avec mes questions romantiques confuses ndlr).
Bah, c’est ça que tu me demandes, un peu. Une phrase forte à laquelle je pense, oui, il y en a.

Oui, OK. Sur Internet, il y a des gens qui citent leurs punchlines préférées de toi. Est-ce que tu as des punchlines préférées de toi ?
Oh la la, j’en ai tellement ! « Sur le podium, il n’y a que nous. Si tu veux t’asseoir sur le trône, faudra t’asseoir sur mes genoux. » Je l’aime bien, celle-là, elle n’est pas trop sale, elle est assez classe. J’en ai plein d’autres, dans d’autres registres. Je ne les ai pas forcément en tête. Quand il m’arrive d’écouter d’anciens morceaux, j’en repère des nouvelles que j’avais oubliées. J’en ai pas mal, des punchlines.

Tu n’as pas l’impression d’être une machine à punchlines ?
Si. Une machine de guerre.

C’est une position qui te…
C’est ça qui fait un rappeur. Les punchlines. Tu n’as pas de punchlines, tu n’es pas un rappeur. Si tu ne fais que citer des trucs, dire des histoires, que c’est plat, qu’il n’y a pas de rimes, pas de métaphores, tu es un mauvais écrivain.

J’ai l’impression que tes morceaux sont faits de beaucoup de punchlines…
… pas beaucoup de thèmes.

… pas beaucoup de thèmes, très peu d’histoires et rien d’approfondi. Dis-moi si tu n’es pas d’accord.
Ca dépend, quand il y a un thème, c’est approfondi. Quand c’est du freestyle, c’est de l’egotrip, des choses très brèves. J’ai un morceau où je dis « va dire au chauffeur que je pose mon cul où je veux comme Rosa Parks », je n’ai pas besoin d’approfondir, pour moi c’est profond. Je ne m’étale pas. Ceux qui doivent 
 comprendre comprennent. Je ne m’attarde pas sur un sujet, je dis les choses en uppercut, une phrase électrochoc qui résume tout. Par contre, sur un morceau comme Killer, je parle d’un couple, là c’est approfondi.

C’est celui où tu parles d’une dame, c’est ça ?
D’une demoiselle, oui.
 
C’est nouveau ?
C’est un thème que je n’avais pas abordé. C’est la musique qui m’a inspiré ce thème-là. J’ai dû avoir une punchline qui parle de ça, et j’ai décidé de faire un morceau autour de la phrase.
 
La suite de L'interview ICI




One Response so far.

  1. Anonyme says:

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