Booba - Interview + Infos

Booba a declaré lors d'un interview pour le journal senegalais "Le Soleil" qu'il comptait sortir un nouvel album Fin 2009/Debut 2010

L'interview en entier:



Quelles sont vos impressions par rapport au concert de samedi et à l'accueil du public sénégalais ? Est-il différent du public français ?
Ce n'est pas la première fois qu'on chante au Sénégal et chaque fois qu'on vient, ça se passe bien : les mecs sont chauds, ils chantent, ils connaissent les paroles. C'est vraiment une bonne ambiance. En général, les Sénégalais sont plus chauds. En France, on a fait des concerts pareils aussi, mais c'est plus rare.

Vous avez un lien au Sénégal, puisque votre père est sénégalais. Est-ce qu'il vous a transmis la culture sénégalaise ?

Non... je n'ai pas grandi avec mon père. Je suis venu au Sénégal à 10 ans, donc j'ai appris tout ça en fait (Ndlr : la culture). Mais j'ai de la famille au Sénégal, qui est dispersée en peu partout ; à Sicap Baobab, Colobane ... Je la vois tout le temps... enfin, quand je viens. Ils sont venus à mon concert hier.

Et vous parlez le wolof ?
Non, je ne parle pas, mais je comprends un peu.

Qu'est-ce que ça vous fait de revenir dans votre pays d'origine et de revoir votre famille ?
Ca fait plaisir, mais ce n'est pas comme si c'était un continent perdu. C'est normal, quoi ! C'est comme si un Français va en Bretagne et va voir sa famille dans la maison campagne.

Quelle chanson attend le public sénégalais ? Aiment-ils des titres en particuliers ?
Bon, c'est partout pareil. Il y a des hits, des morceaux comme Numéro 10, Boulbi, Garde la pêche. Ce sont des singles, ça marche partout. Les Sénégalais aiment aussi les morceaux avec Akon, parce qu'il est sénégalais, alors par exemple Au bout des rêves. Mais ils vont peut-être moins «kiffer» les morceaux plus sombres-hardcore que j'ai dans les albums, mais plus les morceaux festifs.

Est-ce que vous pensez que les textes ont le même écho ici ? Il y a des textes dans lesquels vous vous référez beaucoup à la vie dans les banlieues françaises ...
Sûrement qu'il y a des textes que les Sénégalais comprennent peut-être moins. Mais la banlieue, c'est international - c'est le même combat. L'important, c'est que tu trouves du travail. Dans tous les quartiers du monde c'est la même chose. Chaque société marche de la même façon : il y a des riches, il y a des moins riches et il y ceux qui essaient de s'en sortir. C'est eux qui galèrent, c'est partout pareil : en Angleterre, en France, aux Etats- Unis et au Sénégal. Mais ici, c'est encore plus dur. En France, tu as quand même des moyens de faire quelque chose. Ici, il y a pas mal des pauvres. Mais ce n'est pas parce que tu viens de la banlieue que tu ne peux pas t'en sortir. Tu peux voyager, tu peux quitter la France ... Alors, la banlieue c'est partout pareil. Sauf ici au Sénégal, c'est plus dur pour s'en sortir. C'est l'Afrique, c'est une impasse, c'est un autre monde. Tu ne peux pas comparer ! C'est pour ça que les mecs quittent le Sénégal. C'est pour ça, qu'il y a tant d'immigrés. C'est super dur ici - l'économie, elle n'est pas comme en Europe.

Quel message voulez-vous faire passer par vos paroles ? C'est un encouragement pour les jeunes ?
Ben... moi, j'ai pas vraiment de message. Mais je crois, qu'il faut avoir un but. Si tu n'as envie de rien faire, tu ne réussis pas. Alors, c'est le courage. Le message, c'est de se trouver un but et d'essayer d'y arriver et de s'en sortir. C'est d'arrêter de se plaindre sans initier des choses. (Cheikhou Tall, l'organisateur prend la parole): C'est la raison pour laquelle on l'a fait venir. Booba, il est la preuve qu'on peut y arriver. Il s'est fait lui-même sa modèle de réussite. Il a fait exactement cela.

Pensez-vous qu'il puisse encourager les jeunes sénégalais ?

Cheikhou Tall: Bien sûr. On connait son histoire ici. Ils la connaissent tous et ils le voient comme leur frère sénégalais. Il est un modèle ici pour beaucoup de jeunes. Quand il se promène dans ses quartiers ici, il apporte le bonheur aux gens. Il leur montre sa réussite. Il montre que des noirs aussi peuvent réussir.


Justement vous évoquez très souvent l'argent dans vos chansons... Et vous avez été plusieurs fois dans la critique pour votre côté bling-bling...?
Ben moi, je me fais plaisir. Quand tu es petit, tu joues aux petites voitures de Ferrari. Si je suis grand et j'ai les moyens pour m'en offrir une, je m'en achète une. J'ai aimé ça quand j'étais petit, j'aime ça aujourd'hui. Tout le monde aime des belles voitures. Je ne suis pas matérialiste, mais j'aime bien les belles choses. Si j'ai les moyens, je ne vois pas pourquoi je m'en priverais, je ne vois pas ce qu'il y a de mal et je ne vois pas pourquoi je m'en cacherais. Quand je vois un mec qui a réussi, rouler en grosse voiture, je vois qu'il se fait plaisir, qu'il a réussi, ça motive. Ca donne envie de réussir. Je me dis : «Ah, si lui, il l'a fait, moi aussi je pourrais faire ça.»


Est-ce qu'aujourd'hui vous pensez avoir réussi à réaliser votre rêve ?
Non, non, non... je n'ai pas encore réussi à réaliser mon rêve. Je suis petit encore.


Que voulez-vous davantage ?
Encore plus d'argent. Pour moi, l'argent, c'est la liberté, donc... Voilà : plus de réussite, plus de succès, plus d'argent. En tous cas, quand j'aurai réussi, je vais arrêter. Quand je me dirai que j'ai assez d'argent pour me faire une vie simple sans rien faire. (Il rit)


Par rapport à l'avenir... Vous allez bientôt sortir un nouvel album ? Et comptez-vous revenir au Sénégal ?
Le nouvel album va sortir fin 2009, début 2010. Et bien sûr, on va revenir ! Sûrement en 2010...

Source: http://actu-b2o.skyrock.com/

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